La jeune fille de la passerelle.
Je me souviens de ce soir
Où tu te balançais sur cette passerelle
J’aurai voulu être le fer et te serrer dans mon acier
Je rentrais chez moi où les cris déchiraient mes espaces personnels
Je voulais maquiller la réalité pour me donner de nouvelles illusions
Je m’endormais en pensant à tes doigts effleurant mon visage
Peut-être qu’un jour tu deviendras ma femme
Mais non n’y songe pas, Machin
Je te voyais chaque matin sur cette passerelle
Me demandant si tes yeux seraient aussi fabuleux que la veille
Priais pour que ta main accepte la cohabitation de la mienne
Je cherchais une place à l’ombre pour t’écrire des poèmes cent noms
Et ressentir cet amour impossible que tu ne voulais pas m’offrir
Ramassant mon cœur en miette et éparpillant ma vie
Comme on répand les cendres d’un nouveau mort
Tu m’oublieras, c’est sûr, nous nous séparerons après les années passerelle
Et dans ma mémoire toujours ta lèvre et ta langue, ce sourire et ton regard planté au vert
Te souviens-tu de moi, vieille frangine
Te souviens-tu de mes messages de paix et d’amour
Je me voyais bien en bête dans les bras de ma belle
Avec un enfant à paraître qui te ressemblerait peut-être
Chaque jour où le ciel écartait ses cuisses bleus, je voulais être cette blancheur pénétrante
