Orphelin...
Quand le soleil se couche
Étires-tu encore tes cheveux
Chère grand-mère
Je ne te blâme pas
Ta langue est pâteuse
La maladie sans doute
Et ta main dans la mienne
Tu ne parles plus
Ton regard, tes souvenirs
Je sais que j'en fais partie
Souvent je désespère
Tu me manques
Partie trop tôt, toujours trop tôt quand on aime
Tout est bien terminé
Les tuyaux sont débranchés
Et dans ton petit cercueil j'espère que tu as entendu mes mots d'amour
Et le respect de tes désirs
Pas de fleurs, pas de couronnes
Je me suis souvenu de la symphonie n°9 de Beethoven que tu voulais
Un hymne à la joie que je ne peux plus entendre
Je ne te blâme pas
Souvent, bien souvent, je me sens orphelin
Tu étais ma confidente des jours sombres
Le rire des jours fous
Je suis devenu un type bien, tu sais
Je te dois beaucoup
Et quand de voyages en voyages, je revois ces paysages
Je constate que ton empreinte est toujours là
J'écris toujours, je cultive toujours, je lis toujours,
Mais je pensais que les pages se tournaient plus facilement
J'avance, péniblement mais sûrement
Les larmes montent souvent, tu sais
J'avais encore tant de choses à partager
Mais je ne te blâme pas, non, non,non
Et dans mon sac à dos qui me sert si souvent de maison
J'ai toujours une place pour toi
J'écoute tes conseils à présent, je tente d'être heureux
Dur de parler
Ce poids sur ma peau
Souvent je laisse ma tête dans un pot avant d'aller bosser
Quelquefois je pense que le téléphone va se décrocher
Que j'entendrai ta voix, que nous parlerons de la pluie et du beau temps
De toi et de moi, surtout de moi
La solitude m'étreint régulièrement mais je ne te blâme pas
Je voudrais que tu partages ma joie et mon bonheur avec ma rousse et mes deux chats
Le soleil tombe et je suis là
Pleurant sur ton absence
Ce soir plus qu'un autre tu me manques, je ne sais pas pourquoi
sans doute parce qu'apaisé, je me sens le droit de craquer